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Ukiyo-e : L'art des estampes japonaises

Sommaire

    Sa culture a fait du Japon un pays réputé, car elle s’avère complètement différente de celle de l’occident. En fait, c’est dans les cultures continentales coréenne et chinoise que la culture japonaise trouve ses racines. Elle est insaisissable et fascinante en même temps. De suite, on remarque que les Japonais ont su promouvoir et développer leur culture à partir des abondantes cultures chinoises et coréennes. Elle se retrouve en permanence entre la tradition et la modernité.

    En effet, il faut dire que le Japon est un pays riche de point de vue culturel, notamment entre art et savoir-faire. Sans nul doute, ce pays fera la joie de tous les curieux désireux de découvrir le Japon dans tous ses états. De plus, la culture japonaise est pratiquée par tout le peuple allant de l’art floral à l’habillement, en passant par l’art culinaire et sans oublier bien sur l’estampe japonaise.

    🌊 Qu’est-ce que « l’estampe japonaise » ?

    qu'est-ce qu'une estampe japonaise

    On définit l’estampe japonaise comme un art japonais traditionnel, une branche de la peinture japonaise même. En fait, c’est une image produite par impression à l’aide d’une planche en bois, en métal, en pierre, préalablement gravée ou encrée. Une estampe est à la fois une gravure, une sérigraphie, une lithographie. Comme l’estampe japonaise est généralement réalisée à partir de blocs de bois gravés, on l’appelle « gravure sur bois » ou « xylographie ».

    L’œuvre d’un artiste est reproduite sous plusieurs formes par l’estampe japonaise. Le but d’une telle reproduction est de rendre populaires et accessibles à la masse populaire les œuvres artistiques des artisans japonais.

    Bref, une estampe est une image produite par impression à l’aide d’une planche gravée. C’est bien plus que de simples dessins. L’art xylographique est conjugué avec l’inspiration artistique bouddhiste connue sous le nom de ukiyo-e, se rapportant à des « images du monde flottant ». Ces arts affichent bien le savoir-faire d’un artiste qui est à la fois dessinateur, graveur et imprimeur.

    L’ukiyo-e et les estampes

    L’ukiyo-e est un mouvement artistique qui a vécu son apogée durant l’époque d’Edo (1603 -1868). Ukiyo-e signifie « image du monde flottant » et comprend une peinture populaire et narrative originale. Le terme renvoie d’abord à la légèreté des mœurs et plus couramment aux plaisirs quotidiens de l’époque Edo : concours de beauté, portraits d’acteurs, cérémonies de thé, balades en barque, instants de joie et de poésie. Le paysage a aussi toute son importance. L’art de l’Ukiyo-e intègre à la fois la peinture et les estampes japonaises. Ainsi, il existe des œuvres ukiyo-e qui ne sont pas des estampes et des estampes qui ne sont pas des ukiyo-e.

    L’ère de l’estampe japonaise

    En 1225, l’artiste nommé Koei a réalisé Le Sutra du Lotus, la toute première estampe imprimée au Japon. Cette estampe a été faite pour le temple Köfuku-ji à Nara. Auparavant, les estampes étaient toujours de nature religieuse et se sont développées à Kyöto du XIIIe siècle au XIVe siècle. Elles représentent des gravures sur bois, incarnant l’origine bouddhiste avec des textes et d’images sacrées. Mais la vraie ère de l’estampe s’étend du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle (ère Meiji). En fait, comparé avec les autres arts qui ont fleuri au Japon comme la peinture, l’art de l’estampe est un art récent. L’estampe japonaise atteint son apogée entre 1760 et 1810. 

    👉 Comment une estampe est-elle réalisée ?

    Comment réaliser une estampe japonaise ?

    La réalisation d’une estampe japonaise se fait en quatre étapes et réunit ainsi quatre talents aussi.

    Premièrement, le dessinateur trace un dessin au trait noir sur papier blanc et donne seulement des indications de couleur à l’imprimeur et au graveur. Au XXe siècle, il peint une aquarelle. Généralement, c’est le nom du dessinateur que l’histoire de l’art retient. Ensuite, c’est au graveur de graver, ou plutôt, de sculpter les blocs de bois. Pour cela, il faut un bois par couleur et un autre pour le trait de contour. L’imprimeur applique par la suite les couleurs sur les blocs et applique successivement le papier sur chaque bloc.

    C’est le travail de l’imprimeur de réaliser les dégradés de couleurs particulièrement virtuoses. On les appelle les « bokashi ». Mais le chef d’orchestre de ce chef-d’œuvre est l’éditeur. En fait, c’est lui qui découvre les dessinateurs, les graveurs, les imprimeurs de talent, les mets sous contrat et les réunit pour produire une œuvre gravée. Même à l’heure actuelle, le procédé de réalisation de l’estampe est resté artisanal comme on l’a décrit ci-dessus.

    Au XXe siècle, il y a des dessinateurs qui gravent et impriment eux-mêmes leurs estampes.

    L’art japonais est caractérisé par la pureté des lignes. Les images, même vieilles de trois siècles, restent belles, fraîches qu’elles donnent l’impression d’avoir été imprimées hier. Elles restent fines, très raffinées. À ses débuts, l’art japonais de l’estampe était en noir et blanc.

    Les thèmes de l’estampe japonaise

    Les acteurs de kabuki, ce théâtre parlé et chanté qui connait son apogée au milieu du XVIIIe siècle, étaient l’un des premiers thèmes de l’estampe. Avec de nombreuses affiches, des estampes sont utilisées pour la publicité des spectacles.

    Mais, à la fin du XVIIIe siècle puis au XIXe siècle, les thèmes se diversifiaient comme les paysages et les représentations de la vie quotidienne. En effet, outre les kabuki et le monde du théâtre, les estampes japonaises s’orientent autour de plusieurs thèmes.

    En outre, lorsqu’on parle d’estampes japonaises, on ne peut pas passer à côté des portraits de femmes dits bijin-ga. Ce sont leurs principaux thèmes. Les courtisanes célèbres pour leur beauté étaient les plus représentées. Mais cette beauté de ne vient pas seule. Elle est associée au raffinement de l’habit porté par la courtisane qui n’est autre que le kimono. Et en lien avec les portraits de femmes sont les estampes à caractère érotique.

    Le temps fait aussi parti des thèmes des estampes japonaises pour faire des calendriers appelés e-goyomi. Ces e-goyomi ont un caractère utilitaire et sont riches en jeu d’esprit puisque l’artiste dissimule dans les détails de l’estampe les mois longs de l’année.

    Le fantastique est un thème bien présent dans plusieurs estampes (aussi avec la nature). Au XIXe siècle, le paysage prend place dans les estampes japonaises. Le début du tourisme et l’aménagement de chemins vers les régions plus rurales offrent aux artistes l’occasion de voyager pour nourrir leurs travaux. Le paysage japonais est traduit en estampes avec la réalisation de séries décrivant les plus beaux sites japonais.

    🗻 L’évolution de l’estampe japonaise

    Evolution de l'estampe japonaise

    Pendant la période Edo

    Pendant la période Edo (1600-1868), le gouvernement féodal des shogun de la famille Tokugama, installé en Edo, la capitale du Japon, maintenant appelé Tokyo, pratiquait la politique de fermeture totale du pays. Ainsi, les Japonais sont interdits de quitter le pays sous peine de mort et les étrangers ne sont pas non plus autorisés d’entrer. Pendant cette période, l’estampe ou art de feuilles volantes, est considéré comme vulgaire et la bourgeoisie commerçante en raffole. Divers portraits de geisha, de courtisanes, de comédiens, de paysages sont reproduits sur les estampes japonaises. En effet, ce type d’œuvres graphiques cohabitait et est comparé avec la peinture traditionnelle jugée poétique, héroïque ou religieuse appréciée par l’aristocratie. C’était pendant cette période que l’estampe prend le nom de « Ukiyo-e » ou « Image du monde flottant ».

    Sous l’ère Meiji

    Après deux siècles de fermeture totale, le Japon a été obligé par les Américains à abandonner sa politique de fermeture. Ainsi, le pays s’ouvrait aux étrangers et l’extraordinaire révolution Meiji s’en suit. Le Japon bâtit un État fort et s’occidentalise. L’estampe évolue et s’occidentalise aussi. On lui a donné le nom d’estampe Meiji. Les artistes ont étudié la photographie et la peinture à l’huile et ont mélangé les techniques de représentation occidentale avec celles de l’ukiyo-e. Ainsi, à partir des années 1870, l’estampe traditionnelle japonaise commence à perdre sa popularité vers les années 1870. C’est également là que commence la concurrence de la photographie qui la détrône.

    L’estampe du 20e siècle

    Après la révolution Meiji, les Japonais n’ont d’yeux que pour ce qui vient d’occident. À la fin du 19e siècle, les artistes dessinateurs connaissent un début de situation difficile. L’estampe n’a aucune chance face à l’usage de la photographie en plein développement, ainsi les dessinateurs ont eu les temps difficiles. Mais, Shozaburo Watanabe, un jeune homme de 20 ans qui a constaté l’existence d’une demande importante pour l’estampe japonaise aux États-Unis et en Europe, a eu l’idée de créer quelque chose de nouveau pour mettre en avant le savoir-faire japonais. Alors, il a décidé de devenir l’éditeur et le marchand des nouvelles estampes : il a recruté des artistes et des artisans, graveurs et imprimeurs, pour dessiner des estampes avec une sensibilité moderne d’esprit occidental. Les estampes sont dessinées en fonction de ce que désire recevoir le marché, une vision romantique du Japon qui fait rêver les étrangers : de belles femmes, des portraits d’acteurs, des fleurs et des animaux, des paysages ruraux et urbains. Watanabe a appelé ce renouvellement de style « Shin hanga » ou « Nouvelle gravure ».

    En 1962, Watanabe est décédé et le Shin hanga disparait en tant que mouvement artistique, mais ses ateliers ont continué à produire.

    👨‍🎨 Les grands noms de l’estampe japonaise

    Les grands noms de l'estampe japonaise

    Quand on parle d’estampes japonaises, trois noms ne peuvent pas être oubliés. Les grands maitres de cet art sont en fait Utamaro, Hokusai, et Hiroshige. Mais d’autres noms ne seront pas non plus mis à côté.

    Kitagawa Utamaro (1753-1806)

    La spécialité de Kitagawa Utamaro, cet ancien élève de Sekein, est de faire des admirables portraits de courtisanes représentées en buste ou le visage en gros plan. En effet, ses estampes sont consacrées au Yoshiwara, le quartier des plaisirs de la ville d’Edo. Ses œuvres ont aussi illustré des recueils de poèmes humoristiques et luxueux. En 1804, Utamaro était victime de la censure shogunale et quelques années plus tard, il meurt après avoir été emprisonné et placé sous surveillance. Il a produit près de cinq-mille-sept-cents estampes, dont le magnifique recueil érotique « Le chant de l’oreiller ».

    Katsushika Hokusai (1760-1849)

    Doté d’aptitudes exceptionnelles et d’une curiosité insatiable, Katsushika Hokusai a laissé une production hors norme tant par le nombre de ses œuvres que par leur variété. Même s’il était né dans un faubourg campagnard d’Edo et un enfant adopté par un fabricant de miroirs, Hokusai fait preuve d’une virtuosité sans égale et d’une imagination débordante. Ainsi, il a pu réaliser des admirables séries de paysages dont les Trente-six Vues du mont Fuji, comprenant son chef-d’œuvre La Vague qui est universellement célèbre.

    Utagawa Hiroshige (1797-1858)

    Le graveur Utagawa Toyohiro était le principal formateur d’Utagawa Hiroshige. Il a réalisé des portraits de courtisanes, d’acteurs et de guerriers et à partir de 1833, il a parcouru inlassablement le Japon pour dessiner des paysages d’extrême sensibilité. Ses séries « Cinquante-trois Stations du Tökaidö » ont séduit et influencé les impressionnistes de l’Hexagone. Horshige est également célèbre pour ses estampes de fleurs, d’oiseaux et de poissons, d’une exquise poésie.

    Töshüsai Sharaku (actif vers 1794-1795)

    Entre 1794 et 1795, Sharaku a pu réaliser cent-cinquante-neuf estampes représentant des portraits d’acteurs célèbres, en plan rapproché ou en pied. Ses œuvres ont une intensité psychologique rare dans l’art japonais et ont beaucoup inspiré le peintre français Toulouse-Lautrec.

    Ryüryükyo Shinsai (actif vers 1799-1823)

    Hokusai est le maitre de Shinsai et il l’a introduit auprès d’un cercle de poètes qui lui passe ses premières commandes. Il est bien sollicité pour ses estampes de paysages nourries d’influences occidentales. Son talent éclate dans des surimono où l’on peut avoir des compositions exquises et des objets de la vie quotidienne comme des livres, des plateaux, des bouilloires et des boîtes.

    Totoya Hokkei (1780-1850)

    Cet ancien poissonnier a décidé de se consacrer pleinement à l’art de l’ukiyo-e. Il a partagé avec son maitre Hokusai un style clair et une fine observation de la nature. Il a réalisé pas moins de huit-cents surimono et a illustré aussi une centaine de livres.

    🔮 L’avenir des estampes japonaises

    Avenir des estampes japonaises

    En 1860, deux ans après l’ouverture du Japon aux Européens, les estampes circulent en cercle restreint. Mais, en 1867, l’Exposition Universelle de Paris les révèle au public. Des galeries d’estampes s’installent à Paris et les propriétaires comme S. Bing n’hésitent pas à se rendre au pays du Soleil Levant afin de s’approvisionner à la source. Des expositions sur les estampes japonaises se succèdent : celle de 1878 à Paris après laquelle les grandes collections se constituent ; après vient celle de 1890 qui se portait principalement sur la gravure japonaise et le thème de l’Ukiyo-e ; et celle de 1893 était spécialement sur les estampes d’Utamaro et de Hiroshige.

    Ainsi, le cercle des amateurs s’agrandit. De telles expositions sur cet art japonais continuent encore, et la dernière à avoir lieu sera celle sur les œuvres du grand maitre de l’estampe japonaise Hokusai. Dans le musée d’art japonais de Laeken, cinquante estampes paysagères mettent le prestige et accroissent la valeur et la beauté de ses moulures. 

    📖 Une interprétation de l’estampe japonaise

    Frank Lloyd Wright, le célèbre architecte américain commence à collectionner des estampes japonaises après son voyage au Japon. Parmi ses œuvres figurent principalement celles d’Hiroshige. Fortement influencé par l’esthétique japonaise, il donnera une première interprétation de ces fameuses estampes qui servira de référence aux amateurs d’art japonais. En édition limitée, un livre est publié renfermant de très belles reproductions. Un cadeau d’exception pour les amateurs passionnés !.

    🥢 Les estampes créatives

    L’estampe japonaise ne fut pas considérée comme un grand art avant sa reconnaissance par les artistes occidentaux à la fin du XXe siècle. Mais, au XXe siècle, les artistes veulent, comme en Occident, diriger toutes les phases de la production de leurs œuvres. C’est là qu’est né L’Estampe Créative, un genre expressionniste, au style très brut. Pour ces artistes, le grand souci n’était pas d’avoir un succès commercial, mais de créer des cercles et des revues, de nouer des dialogues avec les artistes étrangers et plus conventionnels de leur époque. Onchi Köshirö est l’auteur des plus remarquables estampes de cette période.

    🕵‍♀ Comment identifier une estampe japonaise originale ?

    Un grand nombre d’estampes japonaises sont aujourd’hui en circulation sur le marché comme de très belles reproductions sont réalisées. Mais même si l’examen d’une estampe permet de déterminer, en théorie et parfois avec quelques hésitations, s’il s’agit d’une estampe originale ou d’une réédition, nous avons toujours des façons de reconnaître les vraies des copies. En effet, sur une estampe japonaise, le pigment vert vire au bleu avec le temps et le contact avec la lumière. Cela prouve également que cet œuvre d’art est véritablement ancien. Tout ceci aide à déterminer qu’il s’agit d’un original plutôt qu’une réédition.

    Un poinçon spécial, un emblème typique est apporté par un collaborateur pour la mise en évidence d’une estampe japonaise originale. Autre chose, les artistes de l’estampe japonaise utilisent leur prénom comme nom d’artiste. Alors, si l’artiste n’appartient pas à la liste courte des artistes dont on a réédité les estampes, l’œuvre est originale.


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