Harajuku Style

A la découverte du Harajuku Style

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Au pays du soleil levant, une tendance vestimentaire assez particulière a vu le jour durant la décennie 1980 dans un quartier populaire de Tokyo. Baptisé style Harajuku, en souvenir du quartier de Tokyo où elle est apparue, cette mode a réussi à se faire connaitre en Occident dans les années 2000.  

Le style Harajuku est parti d’une volonté de la jeunesse du quartier d’Harajuku de s’affranchir des sobres codes vestimentaires de la culture traditionnelle nipponne. Les jeunes de ce quartier commencèrent par associer la mode traditionnelle japonaise aux vêtements et accessoires d’Occident. Fiers de leur originalité, ces jeunes Japonais s’affichaient dans les rues de leur quartier, avec leurs coupes de vêtements uniques et bigarrés.

Le message véhiculé par le style Harajuku était une volonté d’indépendance face à la pression sociale imposée par les ainés pour se conformer aux règles de la tradition nippone. Mais aujourd’hui, la mode Harajuku s’est beaucoup diversifiée. Elle se décline désormais en de nombreuses sous tendances qui apparaissent toutes azimuts, même si l’essence du style Harajuku des origines reste présent.

Examinons ensemble les principales variantes de ce style décontracté que l’on retrouve de nos jours à Harajuku, mais aussi dans d’autres quartiers de Tokyo tels qu’Aoyama, Ginza, Odaiba, Shinjuku et Shibuya.

Le style Lolita

Style Lolita

Comprenant lui-même de nombreuses variantes, le style vestimentaire Lolita est désormais  l'une des plus grandes caractéristiques de la culture urbaine japonaise. Sa popularité a rapidement dépassé le cadre de la culture japonaise pour s’étendre dans d’autres pays du monde. Pensée pour les femmes (même si quelques hommes commencent par l’adopter), cette mode possède plusieurs signes distinctifs. Les jeunes filles habillées en Lolita mettent généralement  des jupes ou des robes à mi-hauteur ou plus longues avec en dessous de gros jupons, pour donner du volume à partir des hanches. Les chemisiers à manches longues ou courtes qu’elles portent sont souvent ornés de dentelles, de froufrou ou volantés pour imiter la mode rococo ou victorienne. Un autre signe distinctif du style Lolita est le port de bas ou de chaussettes assez longs, et agrémentés de dentelles. Côtés chaussures, les fans du style Lolita optent généralement pour des Mary Janes ou des bottes. Contrairement à d’autres styles modernes comme la streetwear, la mode Lolita est inspirée de l’époque victorienne, même si d’autres courants s’y sont mêlés pour créer aujourd’hui différents styles Lolita.

Le Gothic Lolita

gothic lolita

Comme son nom l’indique, cette déclinaison du style Lolita est fortement inspirée de la culture gothique victorienne. Reprenant de nombreux codes vestimentaires de cet univers, le style Lolita gothique se distingue par des tons sombres et l’utilisation d’accessoires de mode décorés de dessins atypiques. Il n’est pas rare d’y retrouver des représentations de crânes, de squelettes, de chauves-souris, d’araignées ainsi que d’autres symboles gothiques populaires, tels que les principaux personnages des films réalisés par Tim Burton. D’autres symboles tels que les portes de fer et des motifs d’architecture de l’ère victorienne peuvent fréquemment se retrouver imprimés sur les vêtements d’une Lolita gothique. Pour compléter leur tenue, les fans de ce style utilisent des accessoires tels que les bonnets, les chapeaux rectangulaires et les broches.

Le Sweet Lolita

sweet lolita

Le style Sweet Lolita est issu de l’improbable mariage entre la très populaire culture kawaii du Japon et la mode pour enfants de la période victorienne. Le côté enfantin, qui est omniprésent dans les tenues et accessoires, est matérialisé par des motifs inspirés de bébés animaux ainsi que de contes de fées. L’effet recherché est d’imiter par l’habillement, l’innocence et la candeur des enfants en se servant de représentations propres à leur univers.  L’emploi fréquent des couleurs pastel dans les choix de tenues vient renforcer cet effet, même si parfois, des teintes plus foncées sont présentes dans certaines robes ou jupes de personnes habillées en sweet Lolita. Pour ce qui relève des accessoires, des oreilles en forme de chats,  de gros nœuds papillons dans les cheveux, des jolis sacs à main colorés et de petites peluches d’animaux sont les must have du style Sweet Lolita.

Le classic Lolita

classic lolita

C’est la variante du style Lolita qui se rapproche le plus des manières de s’habiller propres aux périodes victorienne et rococo. En raison de ce retour à des époques plus classiques, la fantaisie est un peu moins de mise dans le choix des couleurs. Adopter ce sous-style fait donc paraitre plus mûr. L’imprimé floral et les tons unis sont fréquemment utilisés, même s’il n’est pas rare de retrouver des imprimés plus complexes dans des vêtements de classic Lolita. Des accessoires sobres comme les petits rubans, des bonnets, les coiffures rectangulaires ainsi que les corsets de cheveux viennent compléter l’habillement d’une Lolita classique.

Le Punk Lolita

punk lolita

Il s’agit d’un sous-style expérimental, qui comme son nom l’indique mêle l’univers Punk au look Lolita. Cette variante est assez difficile à caractériser, car elle semble parfois emprunter les codes de la mode déconstructiviste ou verser dans l’excentrisme. Néanmoins, le look punk Lolita s’inspire en grande partie de la "silhouette Lolita".

Le style Kodona

kodona

Version pour les hommes, du look Lolita, le style Kodona, encore appelé "boy style" ou "ouji", est une variante de la mode Harajuku assez populaire au Japon. S’inspirant de la mode victorienne pour homme, ce style remet au goût du jour des vêtements quasiment disparus comme les "pantalons de prince". Ce sont des pantalons courts de forme capri, qui s’arrêtent à hauteur du genou, et le plus souvent ornés avec goût (parfois de dentelles sur les extrémités). Ils sont généralement accompagnés de chemisiers masculins, de hauts-de-forme, des chaussettes longues (pouvant monter jusqu’aux genoux) et bien d’autres vêtements et accessoires de la même époque  (bretelles, cannes à pommeau, montres à gousset, etc.). Pour pousser le raffinement d’un look Kodona un plus loin, on peut rajouter une veste d’aristocrate d’époque.

Le Gyaru

gyaru

Autre mode pour femme dérivée du style Harajuku, le Gyaru, parfois confondu avec le look Ganguro, qui constitue en réalité une de ses variantes, est une forme de streetwear japonais qui a émergé dans les années 1970. Très influencé par la mode occidentale, le style Gyaru valorise fortement le girly-glam dans l’habillement des femmes. Les artifices de beauté comme, les  perruques, les faux cils, les faux ongles, et autres constituent l’essentiel des codes du look Gyaru.

Le look Ganguro

ganguro

La mode Ganguro est une variante du style Harajuku qui a gagné en notoriété chez les jeunes femmes japonaises à partir de la décennie 1990, pour connaitre son apogée au début des années 2000. En réalité, le style Ganguro reprend et accentue les codes vestimentaires de la mode gyaru. Globalement, ce style est un véritable festival de couleurs vives dans le choix des vêtements, qu’il s’agisse de mini-jupes, des sarongs tie-dyed, de T-shirts, de robes courtes, pulls ou autres. Les jeunes japonaises arborant le look Ganguro sont reconnaissables par leurs cheveux décolorés, un bronzage intense, des faux cils,  l’eye-liner noir et blanc, etc. Elles utilisent le plus souvent comme accessoires des bracelets, des bagues, des colliers et portent des chaussures à semelles compensées.

Pour de nombreuses personnes, Namie Amuro est la célébrité ayant popularisé le style Ganguro. C’est en effet en regardant ses sorties médiatiques durant lesquelles elle apparaissait bronzée avec les cheveux décolorés, que beaucoup de jeunes japonaises se sont essayées pour la première fois au look Ganguro. Des formes plus extrêmes de ce style sont ensuite apparues. Baptiseés "Yamanba" et "Manba", les personnes adoptant ces styles estiment que le look Ganguros n’est qu’une "version simplifiée" des leurs. Aujourd'hui, le mot Yamanba est progressivement en train d’être remplacé dans le langage courant par Manba, plus court.

Le style Kogal

kogal

Essentiellement féminin, le style kogal ou kogyaru s’inspire de l’uniforme de lycée des jeunes  japonaises, mais en plus sexy.  En effet, les jeunes filles qui adoptent ce look (parfois appelées gyaru, filles) ont généralement une tenue proche de l’uniforme scolaire, mais dont la  jupe est raccourcie et les chaussettes plus longues. Les cheveux sont généralement teints et agrémentés d’un foulard. La tenue type d’un look kogyaru peut inclure un blazer ou une blouse par temps froid. Jouissant d’une grande popularité dans les années 90, le style kogal compte aujourd’hui moins de fans.

Le look Bōsōzoku

bosozoku

Le look bōsōzoku ne fait plus partie des tendances vestimentaires de la jeune génération japonaise actuelle, mais était très répandu dans la décennie 1990. Même s’il a quasiment disparu du paysage urbain, le style bōsōzoku continue d’être présent dans beaucoup de productions artistiques japonaises telles que les animes, les mangas ainsi que le cinéma. Les vêtements du style bōsōzoku sont caractérisés par un ensemble uniforme, comprenant une combinaison semblable à celles des motards japonais ou un tokko-fuku (特攻), et un pardessus de militaire avec des inscriptions en kanji. Style réservé aux hommes, ils portaient souvent les pardessus ouverts, sans rien d’autre en dessous pour couvrir leur buste bandé avec  un pantalon assorti de style baggy et fourré dans de grandes bottes.

Le style Decora

decora

Apparu vers la fin de la décennie 1990 et le 2000, le style Decora s’est largement répandu au Japon et à l'étranger. L’une des idoles de la pop japonaise, Kyary Pamyu Pamyu, qui réussit à se faire un nom dans l’univers de la mode Harajuku, contribua fortement à propager le look Decora avant même d’intégrer le monde de la musique.

Ce sous-style Harajuku utilise des codes couleurs précis qui permettent de distinguer les looks Decora entre eux. Selon la couleur qui prédomine dans les vêtements, on parlera de Pink Decora pour le rose,  Red Decora pour le rouge, Dark Decora pour les tons sombres, Rainbow Decora pour un mélange de couleurs, etc. La tenue typique du style décora est composée d’une chemise couleur unie et d’un sweat à capuche associés à une mini-jupe courte en tutu.  Le  maquillage est la plupart du temps assez harmonieux avec l’ensemble. Côté coiffure, les filles au look decora préfèrent généralement une queue de cheval basse, surmontée d’une longue frange. Cette dernière, partie la plus représentative du look decora, doit être surchargée par pleins de petits objets mignons. L’effet recherché est que la frange ainsi que les cheveux de devant soient considérablement dissimulés par ces petits objets.

De plus, les accessoires comme les jambières, les bas, les brassards et les chaussettes qui montent aux genoux doivent eux aussi être superposés les uns sur les autres dans le style decora. Les motifs les plus fréquents sur ces accessoires sont les imprimés léopard et les masques dentaires décorés de dessins. Le look decora suscite aujourd’hui moins d’engouement, mais reste très apprécié de par le monde.

Le style Visual kei

visual kei

Le Visual kei est une sous tendance du style Harajuku qui a émergé au milieu des années 1980, grâce à des groupes musicaux japonais. Les éléments permettant de distinguer la mode Visual kei sont un maquillage impressionnant, des coiffures qui sortent de l’ordinaire ainsi que des vêtements excentriques et éclatants. Possédant quelques points communs avec le glam rock et le glam métal, le look Visual kei promeut l’androgynie. Au fil des années,  quelques variantes du Visual kei ont réussi à s’imposer en tant que styles vestimentaires à part entière : l’Oshare kei, l’Angura kei, le Cult party kei, le Dolly kei et le Fairy kei.

Oshare kei

oshare kei

Le look Oshare kei est la déclinaison du Visual kei que beaucoup estiment la plus en avance sur son époque. En réalité, il s’agit d’un look original issu d’un mix entre différents motifs, des couleurs vives et la mode punk. Il se démarque du style Visual kei, par un maquillage un peu plus atténué qui met beaucoup plus l’accent sur les yeux. Les personnes arborant ce look ont souvent des piercings au visage.

A l’instar du Visual kei, le sous-style Oshare kei s’inspire en grande partie des boy-bands tels qu’Aicle, An Cafe, Delacroix, Ichigo69, LM.C, Lolita23q, SuG, et Panic Channel.

Le look Angura kei

angura kei

Se rapprochant du gothisme actuel, L'Angura kei remporte la palme du sous-style Visual kei le plus dark. Les must have du look Angura kei sont des tenues majoritairement noires, avec des pointes et des chaînes pour rajouter au côté intimidant. Un maquillage sombre et lourd vient renforcer cette impression. Tout comme le Visual kei et l’Oshare kei, l’Angura kei désigne à la fois un style vestimentaire et un genre musical. Les artistes les plus populaires de ce registre sont Guniw Tools,  MUCC, Metronome, Floppy, et Nookicky.

Dolly kei

dolly kei

Il s’agit d’un style basé sur la perception japonaise de l’époque médiévale, mais également des contes et légendes d’Europe. S’inspirant tout particulièrement des contes de fées compilés par les frères Grimm ou ceux écrits par Hans Christian Andersen, le style Dolly kei intègre beaucoup de vêtements vintage et de temps à autre des motifs religieux. Le magasin dénommé « Grimoire » est au Japon un lieu emblématique du look Dolly kei. Cette enseigne a même été qualifiée de "magasin pionnier de la mode Dolly-kei".

Le Cult party kei

cult party kei

C’est du magasin Harajuku Cult Party (l’actuel Virgin Mary), que provient le nom de ce look assez particulier. Le Cult party kei est un style assez nouveau qui utilise des objets empruntés au christianisme tels que les croix ou la Bible. Plusieurs personnes estiment que ce style est une variante du Dolly kei. Au nombre des traits caractéristiques du Cult party kei figurent des croix faites de fils de fer, des vêtements avec des couches de tissu aux couleurs claires, l’utilisation massive de la dentelle crème, des nœuds faits de satin et des imprimés à motifs chrétiens. Comparé aux autres looks dérivant du visual kei, le maquillage et la coiffure de ce style sont moins extravagants. En réalité, un léger maquillage qui n’insiste pas sur les yeux et, des coiffures simples ornées de roses suffisent pour réaliser un look Cult party kei réussi.

Le sous-style Fairy kei

fairy kei

Le sous-style Fairy kei est un look enfantin, fortement influencé par la mode de la décennie 1980. L’expression "fairy-kei" provient  de la revue Zipper, même si certains croient que c’est Sayuri Tabuchi, propriétaire de l’enseigne de mode Tokyo Spank qui l’a inventée.

La garde-robe caractéristique du look Fairy kei est composée de vêtements aux tons pastel tels que la lavande, le bleu bébé, le rose clair, le vert menthe, le jaune clair, etc. Les tissus imprimés arborent toutes sortes de motifs d’enfance comme les anges, de petits dessins mignons et des dessins liés aux jouets populaires en Occident entre 1980 et au début des années 1990. On peut y retrouver pêle-mêle des dessins de Barbie, Care Bears, Strawberry, Shortcake, Rainbow Brite, Popples, Lady Lovely Locks, Polly Pocket, Wuzzles et My Little Pony.

En ce qui concerne la coiffure, le look Fairy kei se distingue souvent par des cheveux décolorés d’une couleur pastel même si laisser ses cheveux naturels est également très courant. Les coiffures sont simples et ornés de trucs mignons ou pastels avec comme accessoire récurent : les nœuds.

Mori kei

mori kei

En japonais, Mori désigne la forêt. Le look Mori kei exploite la thématique de la nature à travers des tenues souples et confortables, comme les robes flottantes et les cardigans. Les tissus naturels tels que coton, lin et laine sont de mises avec des couleurs souvent pales et neutres, même si on peut retrouver des dessins floraux ou des motifs vichy. Les accessoires les plus utilisés dans le style Mori kei sont conçus à la main ou vintage, mais toujours en rapport avec la nature.

En termes de coiffure, le style Mori kei a popularisé les franges (souvent bouclées) et les tresses. C’est somme toute un look comparable au dolly kei, vu que les femmes qui l’adoptent  doivent ressembler à des poupées, mais en plus décontractées et plus simples.

Le style Kimono

kimono style

Le style Harajuku possède également une variante qui s’inspire de la tradition japonaise. Véritable identité culturelle, le kimono continue d’être porté dans les rues au Japon, spécialement à Ginza. De plus, le caractère solennel de ce vêtement a été préservé. Aujourd’hui encore, c’est la tenue de mise durant les moments importants comme les cérémonies de remise de diplômes, les mariages, etc.

Les jeunes japonais mêlent tradition et modernité en portant le kimono japonais avec des accessoires et chaussures à la mode. Cela donne parfois des jeunes en kimonos assortis à des sacs de stylistes en remplacement du panier habituel, portant des baskets ou talons hauts à la place des sabots et bien d’autres originalités.

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