Irezumi : L'art du tatouage traditionnel japonais

Une tradition apparue dès la préhistoire, le tatouage est une pratique ancestrale du Japon. Actuellement, il existe un certain nombre de termes pour désigner la pratique du tatouage. L’Irezumi, appelé aussi insertion d’encre ou décorer le corps, désigne le tatouage traditionnel japonais. En effet, celle-ci a la particularité de recouvrir le corps par des motifs sophistiqués. Cette pratique peut s’étendre du cou, jusqu’au bas du dos, des fesses, sur une partie de l’avant-bras ou sur la poitrine.

Toutes les formes de ce tatouage se font à la main avec une méthode traditionnelle. Elle est appliquée à l’aide de poignée de bois et d’aiguille de tatouage métallique, fixées via un fil de soie. C’est une méthode qui nécessite une encre spéciale, connue sous le nom « d’encre Nara ». L’Irezumi est pratiqué par un nombre limité de maitre tatoueur et spécialistes appelés « Horishi ».

tatouage irezumi bras

Irezumi sur le bras

Le tatouage japonais remonte à plusieurs milliers d’années. Malgré la longévité de cette tradition, l’art du tatouage quand même connut plusieurs difficultés jusqu’à aujourd’hui. Au début, elle a été pratiquée particulièrement pour un homme, dans un objectif social. Ceci est fait pour distinguer le rang, la religion et le clan. Le tatouage serait pratiqué pour la première fois par le peuple Aïnous, les premiers peuples du Japon. Bien que cette tradition représente la beauté et l’élégance, le tatouage a vécu une période où il a perdu sa noblesse. En effet, pendant la période Edo et l’ère Kofun, il a été utilisé pour marquer et punir les criminels. D’ailleurs, en 1868, pendant l’ère Meiji, l’Irezumi est carrément interdit. Néanmoins, son image a changé, et cette pratique sera de nouveau légalisée en 1945.

Partout dans le monde, le style de tatouage traditionnel japonais est considéré comme un œuvre d’art. À savoir que se faire tatouer avec ce style japonais, demande beaucoup de patience. En effet, il faut en moyenne 5 à 10 ans pour en produire un. Ceci est fait, parce qu’il s’agit que d’une seule et unique pièce qui recouvre tout le corps. De plus, chaque image et motif représentent des significations précise et culturelle. Ainsi, son porteur incarne un fragment de cette culture japonaise, qu’il continue à perpétuer durant sa mort.

1 – L’histoire du tatouage japonais

Selon les archéologues, le tatouage au Japon serait pratiqué depuis 10 000 ans avant Jésus Christ. Cette tradition remonte au moins à la période « Jōmon » ou paléolithique, utilisé à des fins spirituelles et décoratives. L’irezumi a été aperçu pour la première fois par la découverte des statuettes « Dogû » et « Haniwa ». Par ailleurs, des figurines qui ont été placées dans les tombeaux en guise de protection magique.

Le tatouage Aïnou

Tatouage Aïnou

Le tatouage de la lèvre supérieure est le symbole d'arrivée à maturité dans le peuple Aïnou

C’est durant le troisième et quatrième siècle que des observateurs chinois ont été témoins de l’utilisation du tatouage au Japon. La tribu Aïnou, qui est les premiers habitants du Japon, utilisait le tatouage dans un but social et décoratif. En effet, les hommes comme les femmes étaient tous tatoués :

  • Les femmes étaient tatouées sur le bord de la bouche, et sur la joue pour les femmes mariées. Cette tradition perdure jusqu’à très récemment, malgré son interdiction en 1871 ;
  • Les hommes se tatouaient pour se protéger des esprits. À cette époque, le tatouage désignait aussi leur appartenance à un clan ou un métier particulier.

Malgré leur culture, l’acte de se faire tatouer était toujours considéré comme barbare par les chroniqueurs chinois., une période avec laquelle la pensée chinoise entra au Japon, et impose des lois par rapport à la religion. C’est à partir de cette période que l’Irezumi commença à avoir des connotations négatives. En effet, au lieu de les utiliser pour des rituels, le tatouage a été utilisé pour marquer et punir les criminels. Ainsi, il serait facile de discerner les délinquants des autres. Ces criminels étaient tatoués d’un caractère sur le front ou d’un cercle autour du bras pour chaque infraction.

La période Yamato

Tatouage japonais sur le bras

Splendide tatouage japonais traditionnel sur le bras

C’était dans cette période que les statuettes en argile « tatouées » ont été découvertes. Les « Haniwa », qui avaient pour fonction de protéger et d’accompagner le défunt dans l’au-delà. C’est dans le livre d’histoire chinois « GishiWajinden » que se trouvent les premières mentions du tatouage japonais de cette époque. Apparu au troisième siècle, ce livre racontait les tatouages des hommes sur leur visage et leur corps de symbole. Il racontait aussi l’activité des Japonais comme la pêche sous-marine de poisson et de coquillage. Ainsi, ils décoraient leur corps afin de se protéger des gros poissons. 

À partir du sixième siècle, la culture aristocratique chinoise au Japon apporta avec eux une vision négative du tatouage. Avec la diffusion du bouddhisme et les élites chinoises, l’Irezumi perd toute sa valeur. En effet, la forte imprégnation de la culture chinoise domina la communauté à partir de cette époque.

Époque de Nara

Datant de l’an 710 et 794, plus exactement en l’an 712, que le « Kojiki » établit les lois concernant le tatouage ! Ainsi, il en existe deux types qui sont :

  • Le premier : réservé aux hommes de haut rang ;
  • Le second : réservé aux criminels.

Ce dernier se diffusa à grande échelle, de sa grande visibilité. En effet, celle-ci contribuera à bien distinguer les habitants et la population criminels.

Époque Sengoku

C’est sur cette époque, en milieu du quinzième et fin du seizième siècle, que la pratique du tatouage se vit diffuser chez les samouraïs. En effet, cette période a été marquée par la guerre entre « daimos », et le tatouage était aperçu comme un moyen d’identification. Ainsi, les motifs de tatouage sur le corps permettent de reconnaitre les guerriers au combat.

Le tatouage chez les femmes

C’est au sud du Japon, dans les îles « Amani Öshima » que les femmes se faisaient tatouer des « Hajichi » sur les mains. Commençons par le bout des doigts jusqu’au coude, les tatouages faisaient office de rite de passage, indiquant que la femme est mariée. Quand la femme meurt, c’est le « Hajichi » qui va la protéger d’une vie de souffrance dans l’autre monde.

Hajichi

Hajichi sur les mains d'une femme

Par ailleurs, en plus d’être tatouées sur les mains, elles se tatouaient aussi autour de la bouche. En effet, ceci permet de s’embellir, d’obtenir une protection spirituelle, mais aussi de montrer son rang social. Cette pratique du « Hajichi » est très ancienne, mais les premières références de cette pratique ont remonté aux seizièmes siècles.

2 – L’ère Edo

C’est durant l’année 1600 à 1868 que l’Irezumi ait connu l’évolution et la considération au Japon. Durant cette période, le « Kojiki » introduit un début de codification du tatouage. Ainsi le tatouage se divisa en trois types distincts, qui sont :

  • Le tatouage de corporation ;
  • Tatouage décoratif ;
  • Le tatouage pénal.

Le tatouage de corporation

Ce tatouage de corporation se pratiquait depuis plusieurs années, surtout chez plusieurs corps de métiers. En effet, les pompiers et les tireurs de pousse-pousse aussi appelé « Jinrikisha » se tatouaient des dragons pour se protéger des dangers. Cette pratique se répand très vite, plus particulièrement chez les « Yujos » et « Geishas » aussi appelé prostitué légal.

irebokuro
Estampe de tatouage japonais

Auparavant, le tatouage existait déjà chez les catégories sociales, mais c’est sur l’ère d’Edo qu’il serait institutionnalisé sous le nom d’« Irebokuro ». En effet, ce terme qui signifiait insérer un grain de beauté désignait les amants qui voulaient se faire tatouer. À cette époque, cette pratique existait dans les relations homosexuelles entre prêtres et jeunes hommes.

Durant cette époque, il existait aussi le « Kishibori », un mot variante d’« Irebokuro ». Celle-ci consiste à se faire tatouer le nom de la personne aimée. Accolée à l’idéogramme de « Vie », elle était considérée comme la marque de l’amour éternel. Pour flatter leur client et pour accéder à un grade supérieur, les « Yujos » se faisaient tatouer le nom de leur amant. C’est souvent sur la partie intérieure du bras ou près des aisselles que ces tatouages ont étaient dessinées. Les « Geishas » et les courtisanes de luxe considéraient ces deux types de tatouages comme dégradants. Néanmoins, certains de leurs clients riches leur demandaient de faire tatouer leur nom sur ces prostituées.

Le tatouage décoratif

C’est dans les années 1650, que se développa le tatouage décoratif, avec l’impression sur bloc de bois. Il s’est construit en symbiose, avec l’attrait pour les quartiers de plaisirs comme le théâtre Kabuki, la littérature et la poésie et l’« Ukiyo-e ». C’est dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, avec le roman d’aventures chinois « Suikoden », que le tatouage décoratif prit son essor.

En effet, ce roman relatait les exploits des bandits de grand chemin. Ce fut ainsi, une source majeure d’inspiration dans le renouveau du tatouage. Fascinés par les exploits de ces bandits, les gens se tatouaient leur figurine héroïque et les symboles récurrents dans l’œuvre. Ainsi, les artistes Ukiyo-e qui illustrent cette œuvre donnèrent au tatouage un style bien précis. 

tatouage japonais par Kimbei
Magnifique Irezumi au dos d'un Samouraï Japonais

Les gens du peuple adoptèrent le tatouage décoratif, qui était vu comme un élément de mode. L’Irezumi fut rapidement en vogue et en particulier chez les artisans qui travaillent souvent dévêtue. Ces artisans affichaient fièrement leur tatouage, en signe de style et pour se distinguer.

Le tatouage pénal

Institutionnalisé en 1720, le tatouage pénal a été utilisé afin de remplacer les peines d’amputations chez les criminels. Ce tatouage était imposé sur le front et sur l’avant-bras. Ils désignaient aussi les crimes qu’auraient commis les condamnés, et avaient aussi pour fonction de les exclure de la société. Ceci entraina une mauvaise image du tatouage au Japon.

S’inspirant des bases du « Kojiki », ce tatouage punitif stigmatisa les individus qui se regroupaient autour du clan « Yakuzas ». Complexer par le fait d’avoir été exclus de la société, ces hors-la-loi s’enfonçaient de plus dans la criminalité. Ainsi, afin de dissuader ces criminels, la police généralisa le tatouage comme punition.

Après leur sortie de prison, ces bandits faisaient appel à des « Irezumishi » pour camoufler leur tatouage pénal sous un autre motif. Ces « Irezumishi » sont aussi appelés les maitres tatoueurs des « Yakuzas » et des hors-la-loi.

yakuza tatouage

Exhibition de tatouage japonais chez des Yakuza lors d'un Matsuri

Ainsi, pour éviter de s’afficher comme un pays arrière, le gouvernement japonais interdit le tatouage en 1872. C’est à ce moment-là que l’idée de cacher l’Irezumi sous les vêtements a été inventée. Par ailleurs, plusieurs habitants ont été forcés d’abandonner leur coutume et leur héritage culturel. Néanmoins, certaines tribus continuèrent à se tatouer, mais ils ont été rapidement découverts. Pour cela, ces tatouages se faisaient enlever chirurgicalement ou avec de l’acide.

L’époque Meiji

C’est sous l’ère Meiji qu’est renforcée l’interdiction sur la pratique du tatouage. À cette époque, de 1868 à 1912, le pays se manifestait par l’accès à la modernité en adoptant un style occidental. C’est ainsi que le tatouage fut plus que jamais considéré comme une pratique régressive et barbare. En 1870, le tatouage, y compris pénal et Aïnou fut définitivement interdit.

Par ailleurs, tandis que le côté tatouage du Japon était frappé d’inégalité, le côté occidental commence à être intéressé par l’Irezumi. D’autant plus que l’interdiction en 1870ne ne s’appliquait pas aux étrangers, nombreux sont les Européens qui décident de se tatouer au Japon.

Fascinées par cette pratique, plusieurs élites mondiales de cette époque ont adopté ce style. En particulier le duc d’York, les futurs George V et tsarévitch ou Nicolas II se firent tatouer. En effet, cet engouement occidental redonna du travail au maitre tatoueur du Japon. Ceci a permis aux artistes « Horishi » d’exposer leur art en dehors de leur pays, surtout en Europe et aux États-Unis.

Les Horishi

Pendant l’ère d’Edo, les meilleurs tatoueurs perdent peu à peu leur métier, et pour cela ils doivent trouver une solution. À cette époque, durant leur voyage au Japon, certains étrangers souhaitaient obtenir un précieux Irezumi. Ce dernier, considérer comme exotique, a attiré plusieurs voyageurs au Japon.

C’est à ce moment-là que plusieurs choix et opportunités s’offrent à ces « Horishi ». Tout d’abord, ils ont l’occasion de continuer leur art, clandestinement. Les tatoueurs se placent stratégiquement près des ports, sous des enseignes de peintres ou des fabricants de lanternes.

L’autre partie, c’est que ces « Horishi » décident de quitter le pays ou de s’expatrier. Plusieurs pays sont des destinations privilégiées tels que le Singapour, Les Philippines, Hong Kong, La Thaïlande, La Grande-Bretagne et les États-Unis.

C’est l’année 1948 que le Japon décide de lever l’interdiction sur le tatouage. Ainsi, les « Horishi » ont fait surface sous l’occupation américaine d’après la guerre. C’est pendant la guerre du Vietnam et de la Corée, que le nombre de tatoueurs a augmentés.

3 – Réaliser des tatouages

Le Tebori

Malgré les changements dans la conception d’un tatouage, les méthodes et le rituel de bases de l’Irezumi sont restés les mêmes. Pour se faire tatouer, il faut d’abord commencer par une consultation auprès d’un maitre tatoueur. Après prise de rendez-vous, ce dernier procède déjà à dessiner les contours du tatouage.

Puis, le maitre procède à la coloration et à l’ombrage, d’où les contours sont fixés avec deux ou trois aiguilles. Certaines zones d’ombrage demandent jusqu’à trente aiguilles. À l’époque, ces aiguilles pouvaient être fixées avec du bambou, en ivoire ou en bois. Actuellement, un manche à métal est le plus utilisé par les tatoueurs.

Cette technique est appelée « Tebori », une pratique traditionnelle qui consiste à se faire tatouer à la main. L’Irezumi demande en effet un très haut degré de connaissance de la part du maitre tatoueur. Ce dernier doit tenir compte du rendu qu’aura l’encre une fois versée.

Très longs, très couteux et très douloureux, nombreux sont les clients qui interrompent la réalisation de leur tatouage avant la fin. Certains clients, par rapport à leur moyen financier sont amenés à interrompre leur séance avec un maitre, mais la poursuit avec un autre. Ainsi, le « Tebori » étant effectué par plusieurs « Horishi » donne lieu à un tatouage hybride. 

L’évolution des techniques : Irezumi et le « Kakushibori »

Depuis toujours, il existe une relation quasi rituelle entre le client et le maitre tatoueur. Il est à savoir que le tatoueur a tout à fait le droit de refuser un client, qu’il juge ne pas être digne de porter son œuvre.

horiyoshi 3
Portrait du maître Horiyoshi III

C’est au maitre Horiyoshi III, que l’évolution de technique de tatouage doit beaucoup. En effet, ce maitre tatoueur a combiné des techniques japonaises et occidentales. Avec cette combinaison, il a fait en sorte que le tatouage fait à la main présente un léger gain de temps pour l’artiste.

En effet, l’Irezumi à la main demande près de 5 ans de travail pour un tatouage intégral. Pour les couleurs, les maitres emploient une encre noire indienne appelée « Sumi » pour les contours. Quant au remplissage, l’encre de Nara qui donne l’effet bleu vert sous la peau est très souvent utilisée. Par ailleurs, les encres rouges, jaunes, bleu-noir ou indigo sont aussi utilisées pour le remplissage.

Le kakushibori, ou le tatouage caché est un mythe plus ou moins avéré d’une encre négative. Ce tatouage est réalisé, à base de poudre de riz ou de blanc de plomb. Censé être invisible en temps normal, ce tatouage apparait lorsque la température du corps monte.

Appelée aussi l’« Irozumi », celle-ci apparait lorsque la personne prend un bain chaud, fait de l’exercice physique ou boit de l’alcool. Né d’un jeu de mots entre « Irezumi » et le suffixe « iro », l’Irozumi se rapporte d’une part à la couleur, mais de l’autre à l’érotisme. Néanmoins, son existence semble anecdotique, et peu de tatoueurs avouent connaitre cette pratique. 

4-Les symboles

Actuellement, les maitres tatoueurs privilégient les mythes et historiques du Japon. En effet, celle-ci a pour but de faire perdurer le gout et le respect de cette tradition, auprès des jeunes Japonais.

Pour cela, peu des maitres tatoueurs mélangent des motifs occidentaux à ceux du tatouage traditionnel. Dans l’Irezumi, chaque symbole représente leur propre signification, que ce soit un animal, la flore et les bêtes mythologiques.

Parmi ces motifs, plusieurs de ces dessins sont issus d’estampes de l’« Ukiyo-e » comme les « Geishas » et les samouraïs. Il existe aussi des figures de la littérature populaire « Suikoden », mais aussi des thèmes religieux et mythologiques. De plus, les divinités « Shintô », les démons et bouddhas sont souvent représentés, mais aussi des motifs animaliers et végétaux. 

💐 La pivoine

Considérée comme le Roi des fleurs, la pivoine est un emblème masculin qui symbolise la richesse, la santé et la prospérité. Par ailleurs, avec l’Irezumi, elle dénote un caractère audacieux, assuré et fier.

🀥 Le Chrysanthème

Au Japon, cette fleur solaire est officiellement un emblème impérial. D’ailleurs, l’ordre suprême de Chrysanthème est la plus haute distinction qu’un dignitaire peut recevoir. Les pétales de cette fleur sont comme les rayons de soleil, au centre de laquelle se trouve l’empereur. Le Chrysanthème marque aussi la perfection dans la simplicité, et l’image d’une vie longue et heureuse.

🌸 Fleur de cerisier

Cette fleur est le symbole le plus fameux du Japon. En effet, celle-ci évoque la fragilité de l’existence, le sens du sacrifice, la conscience du destin et la beauté sublime et éphémère. Ces motifs sont ainsi liés à un idéal guerrier ou à de braves samouraïs. Ces fleurs représentent aussi la pureté de l’existence prônée par le bouddhisme. Elle marque aussi la contemplation des choses belles et simples de la nature, le détachement des biens matériels et la mort idéale.

🧘 Le lotus

Le lotus est le symbole du réveil et de la révélation bouddhique. Une fleur qui fleurit dans la boue, le lotus est l’image du combat de la vie contre la mort. Elle a un caractère essentiellement religieux qui montre la beauté de l’Irezumi.

🍁 Les feuilles d’érable

Les feuilles d’érable sont liées au temps qui passe, à la sérénité et à la paix du cycle qui se renouvèle. Celle-ci est un autre symbole privilégié avec les pétales de cerisiers, soulevé par le vent.

🎏 Carpe koï

Le carpe koi est un emblème masculin, particulièrement célébrer en Chine qu’au Japon. En effet, celle-ci est reconnue pour sa force et sa ténacité a remonté les courants. Elle est aussi associée à la détermination, à l’ambition et à la capacité à surmonter les obstacles. 

🐅 Le tigre

Aussi très connue en Chine, comme l’un des gardiens des quatre Orients. À savoir que les quatre gardiens de l’Orient sont :

  • le tigre blanc de l’Ouest, lié au métal ;
  • Le dragon d’Azur de l’Est, assimilé au bois ;
  • La tortue noire du nord, représentant l’élément aquatique ;
  • L’oiseau vermillon du sud représente le feu.

En effet, le tigre symbolise la force, la longévité et le courage sur l’Irezumi. Celui-ci sont aussi liés à l’automne et au vent, il repousse la mauvaise fortune, la maladie et les démons.

🦁 Le lion

Celui-ci est assimilé au lion de bouddha, chasse les esprits démoniaques, apporte la santé et la richesse. Très souvent, le lion est toujours représenté par paire dont un symbole masculin et un emblème féminin. En effet, le symbole masculin a une gueule ouverte pour laisser échapper le mal en lui, et posant sa patte sur un globe. Ce globe représente les cieux et les lois du bouddhisme.

En revanche, l’emblème féminin a la gueule fermée pour empêcher le mal d’entrer. Celle-ci a une patte posée sur un lionceau, qui symbolise la terre.

Auparavant, il existait une confusion entre le lion et le chien, que même le lion traduit en chinois est également appelé « Chien Fu ».

🐍 Le serpent

Souvent associé aux commerçants, dans le continent asiatique, c’est le serpent qui garde le trésor. En effet, le serpent est un symbole apportant la richesse et prospérité tout en éloignant la maladie, la mauvaise fortune et les catastrophes. Considérer comme les ancêtres sur terres, il est aussi vu que trouver un serpent dans une maison est un signe de chance.

🐉 Le dragon

Le dragon a des significations différentes selon les pays, que ce soit en occident ou en orient. En Asie, les dragons sont des créatures qui évoluent bien dans l’eau que dans l’air, et qui peuvent invoquer la pluie. Ce sont des créatures puissantes et sages, qui utilisent leur force au profit des gens.

En effet, le dragon symbolise la réconciliation des éléments opposés, mais aussi la symbiose du Yin et du Yang. Se faire tatouer un dragon indique un caractère à la fois réfléchi, fort et bienveillant. Un dragon est souvent vu avec une gueule ouverte, qui signifie vouloir laisser le mal en lui s’échapper.

Tandis qu’un dragon avec une gueule fermée signifie, ne pas laisser le mal pénétrer en lui. Parfois, cela est représenté avec un globe entre ces griffes, montrant le contrôle du dragon sur l’eau, le vent et le feu.

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🐦 Le phénix

Le phénix est le symbole de l’immortalité et de la résurrection, et qui est aussi l’oiseau mythique par excellence. Celui-ci représente la renaissance au sein de la vie et le triomphe sur la mort, mais aussi le renouveau de l’âme. Ainsi, avec l’Irezumi, le phénix représente aussi l’union du Yin et du Yang.

🩸 Namakubi

Le Namakubi est une image de tête décapitée. En effet, elle symbolise le courage, la menace, l’honneur et l’acceptation du destin. Pour ceux qui la voient, elle invoque aussi le sens du respect et montre les punitions qui les attendent à ceux qui ne vivent pas droitement.

👺 Le Baku

Celle-ci est une créature mythologique et légendaire, qui se nourrit des cauchemars. En effet, il protège des esprits malins et des pensées malignes. 

👹 Le masque Hannya

Hannya est le fantôme d’une femme vengeresse, qui est à l’origine une créature du folklore japonais. Le masque Hannya indique la profondeur et la violence des sentiments, mais aussi le contrôle qu’on souhaite exercer sur d’autre personne. Auparavant, ce masque a été utilisé dans une pièce de théâtre appelé « Nô ». Sur la pièce, plus sa couleur était intense, plus les sentiments étaient dévorants.

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5 – L’irezumi de nos jours

yakuza tatouage

Tatouage japonais chez un membre de la mafia japonaise

Actuellement, le tatouage au Japon n’est pas forcément bien vu, car il est souvent relié à l’image des criminels. Néanmoins, les jeunes succombent au charme de l’Irezumi et décident de se tatouer malgré les ampleurs. Depuis plusieurs années, les « Yakuzas » se sont servis de ce tatouage comme marque de fabrique.

Ainsi, la mafia japonaise utilise le tatouage comme signe distinctif pour l’appartenance à leur clan. Les « Yakuzas » prouvaient leur allégeance à leur clan à travers cet art. Ce qu’ils leur permettaient d’exprimer leur courage et leur valeur dans la société ! La mafia japonaise privilégiait les tatouages qui recouvraient le dos, les jambes, les fesses, le torse et les bras. Maintenant, les « Yakuzas » optent pour des tatouages discrets afin de se fondre dans la masse et pour ne pas être identifié.

Par ailleurs, la vision moderne évolue et l’Irezumi commence peu à peu à retrouver sa lettre de noblesse. En effet, les petits tatouages discrets sont privilégiés, alors que ceux qui recouvrèrent le corps ont tendance à effrayer. Néanmoins, certains établissements publics au pays du soleil bannissent les personnes tatouées. En effet, ces derniers ne sont pas acceptés dans les bains publics, les salles de sport et les piscines publiques.

6-Les « Horishi » de nos jours

Devenir maitres tatoueurs est un milieu assez difficile d’accès. Les jeunes qui veulent devenir tatoueur s’exercent parfois depuis leurs plus jeunes âges et sont autodidactes. Leurs premières tâches sont un devoir d’obéissance, de s’entrainer à la discipline et aux bonnes manières.

horishi

Le maître tatoueur Horiyoshi III au milieu de japonais tatoués 

Les maitres tatoueurs au Pays du soleil levant

Jusqu’à maintenant, le plus grand spécialiste et meilleur tatoueur de l’Irezumi est le maitre Horiyoshi III. Il y a aussi le maitre tatoueur Honda Tsuyoshi, qui d’ailleurs a participé au festival Cantal Ink en 2016. Kenji Shigehara est aussi l’un des meilleurs « Horishi » de notre époque, avec un style moderne.

Les tatoueurs français qui pratiquent l’Irezumi

Ils sont plusieurs en France, les tatoueurs qui ont succombé au charme du tatouage japonais. Dans la région parisienne, il y a : Bernard Soufflet, Daru Manu, Tin-Tin et Easy Sacha qui pratiquent le tatouage en France. Sans oublier les maitres tatoueurs français Henrik à Toulouse, Mathias Bugo à Lyon et Guicho Tatouage La Rochelle.

Les maitres réputés mondiaux du tatouage

En Europe, plus précisément en Suisse, il y a le tatoueur Filip Leu dont l’implication a permis de populariser le tatouage japonais. Il existe aussi des maitres tatoueurs européens et américains de l’Irezumi comme :

  • Chris Cook en Irlande ;
  • Henning Jorgensen au Danemark ;
  • Calle Corson en Suède ;
  • Dan Arietti en Grande-Bretagne ;
  • Jess Yen aux États-Unis ;
  • Haewall en Corée du Sud ;
  • Jeff Gogue aux États-Unis ;
  • Damien Rodriguez aux États-Unis.

L’emplacement idéal de l’Irezumi de nos jours

L’Irezumi est un tatouage majestueux et imposant, il peut embrasser la totalité du corps. En effet, cette pratique demande beaucoup de temps et pour cela, vaut mieux choisir le bon emplacement. Ainsi, l’emplacement idéal est sur le dos, pour que la parure corporelle déploie ses plus beaux contours. Les jambes, le torse et le bras sont aussi les parties les plus souvent tatouées en ce moment, car elle reflète la beauté du tatouage.


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